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Le
Chant des chevaux de Botiza
documentaire de cinéma (100 min)
réalisation : Frédéric Gonseth & Catherine Azad
production : Frédéric Gonseth Productions
coproduction : Télévision Suisse Romande
sortie 2011
soutien : Office fédéral de la culture/section cinéma,
RTS et Prime Passage Antenne (SRG SSR idée suisse), Suissimage,
Fonds Regio Films et Fondation Vaudoise pour le Cinéma, Succès
Cinéma
Avec une aide à l'écriture de la SSA (Bourse Locarno 2008)
distribué
par JMH Distribution SA
Résumé :
Les chevaux de
travail freinent de toutes leurs forces un gigantesque char de foin dans
la pente, lacèrent la terre, débardent les troncs d’arbres
: ils sont l’énergie du village, on les voit partout sur
les collines, au fond des vallées, dans les champs, les prés
et les forêts. Grâce à eux, bien qu’il n’y
ait plus aucune mine d’or ouverte, aucune carrière ou exploitation
forestière qui fournissent du travail, les habitants de Botiza
ne dépendent de personne pour se nourrir et même pas du cours
du pétrole. Contrairement aux autres pays de l’Est où
les petits paysans ont été dépouillés de leurs
terres et de leurs traditions durant la période soviétique,
la vie dans cette province des Carpates roumaines est restée intacte.
Les chevaux sont encore là, les femmes filent, teignent et tissent
la laine de leurs moutons, le dimanche le village tout entier se rend
en costume traditionnel à la messe, les loups et les ours ne sont
pas loin, et les anciens transmettent aux jeunes l’art d’élever
le poulain, de manier la charrue, de faire pousser la pomme de terre et
le maïs sans produits chimiques... Malgré l’irruption
de la télévision et du téléphone portable,
les gens n’ont pas renoncé au plaisir de se retrouver dans
la rue pour parler, jouer aux cartes, faire sonner un violon ou une flûte
endiablée sous des doigts noueux. Pourtant, la vie dans la campagne
européenne avant l’arrivée de la mécanisation
était tout sauf facile, et les efforts demandés aux chevaux
sur les pentes escarpées de Botiza expriment bien cette situation
contradictoire. Pas de marché : pas de confort – mais la
vie a un autre goût, plus prononcé, que celle des citadins
ou des rares paysans de l’Ouest juchés sur leurs tracteurs,
un casque sur les oreilles...
Le village de Botiza au coeur de cette idylle dégage néanmoins
un calme trompeur. En souterrain, il est travaillé par des forces
irrésistibles. Dans les quatre familles suivies de saison en saison,
les jeunes se posent tous la question de leur avenir, alors que jusque-là,
depuis la nuit des temps, les enfants n’avaient jamais imaginé
quitter la ferme. Ce n’est que dans la famille la plus riche et
la plus traditionnelle que le passage du témoin a pu s’effectuer.
Dans les trois autres, l’émigration est en projet ou en fait.
L’attrait des rues de Paris ou les quelques euros gagnés
dans les cultures maraîchères industrielles des bords du
Rhin, suffiront-ils à rompre le lien avec le village natal, à
transformer Botiza en village de vieillards obligés de se séparer
de leurs chevaux parce qu’ils ne peuvent plus courir sur les pentes
escarpées y récupérer le foin des meules ?
Ici le cordon ombilical qui relie l’homme à la nature n’a
pas encore été rompu, mais paradoxalement, à Botiza,
où l’on vit et produit de manière plus « biologique
» qu’aucun village occidental, les chevaux auront disparu
avant que l’Europe ne songe à sauver son « poumon vert
», sa petite Amazonie !
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