La Bataille du Gripen - Das Gripenspiel

(ex - La Démocratie vue d’avion)

Un film de Frédéric Gonseth.
Documentaire



Maintenant dans vos salles romandes !
Ci-dessous la programmation pour cette première semaine :
gripen_horaire_tt.pdf


La presse en parle :


24heures_23.01.2017_gripen.pdf

letemps_01.02.2017_gripen.pdf

liberté23.02.2017_gripen.pdf

lematindimanche_26.02.2017_gripen.pdf

Vertigo - Mercredi 1er mars 2017

Le Journal du Matin - Mercredi 1er mars 2017

lacote_02.03.2017_gripen.pdf



La Suisse est le seul pays au monde qui accorde à son peuple le pouvoir de décider de l’achat d’un nouvel avion de combat. Pourquoi pousse-t-elle si loin la culture de la démocratie directe, qu’en retire-t-elle ?
Durant plusieurs mois, le film s’immerge dans l’affrontement des partisans et des opposants à l’achat du Gripen suédois, en Suisse romande, en Suisse alémanique et au Tessin, chez les hommes, les femmes, les jeunes et les seniors.
"La Bataille du Gripen - Das Gripenspiel" nous emmène dans des cercles qu’on ne peut imaginer helvétiquement plus opposés : des sociétés d’officiers en uniforme jusqu’aux antimilitaristes au tee-shirt délavé, mais aussi dans les usines, les rédactions, les gymnases.
La campagne à propos du Gripen, d’une incroyable richesse en rebondissements, s’est terminée par un résultat non moins spectaculaire : la première défaite en votation populaire des partisans de l’Armée en Suisse, et une défaite personnelle pour le ministre de la Défense, Ueli Maurer. Elle ouvre une nouvelle ère de remise en question du rôle de l’Armée en Suisse.
Ne quittant jamais son poste d’observateur neutre, uniquement raconté par les protagonistes eux-mêmes, le film propose un voyage passionnant dans le subtil tic-tac de la démocratie directe helvétique.
Ce n’est pas un film politique, c’est un film sur la politique et surtout la manière dont la population suisse vit la politique.


Synopsis

Depuis le 18 mai 2014, plus rien ne sera comme avant dans les questions de politique militaire en Suisse. Pour la première fois l’Armée, le Parlement et le gouvernement ont été désavoués par le peuple. Une alliance de la gauche antimilitariste, écologiste et socialiste avec une partie de la droite, y compris quelques militaires, a réussi à convaincre une majorité de votants (53%) de refuser le financement de l’achat des 22 Gripen suédois que le ministre de la Défense Ueli Maurer souhaitait acquérir pour remplacer les 50 Tiger des années 70.

Et pourtant, le pays s’était couvert d’affiches de tous formats, chaque ménage avait reçu une petite brochure vantant le oui au Gripen, et même les événements internationaux, avec l’annexion de la Crimée par la Russie et le démarrage d’une guerre civile en Ukraine, s’étaient ligués pour ramener sur le devant de la scène une angoisse sécuritaire propice au réarmement.

Quel est le grain de sable qui a grippé la mécanique politique garantissant le soutien traditionnel, indéfectible, à l’Armée, à peine neuf mois après que le principe de l’armée de milice ait été plébiscité par trois quarts des votants ?

Mais surtout, comment fonctionne cette démocratie helvétique qui donne comme nulle part ailleurs au monde la prérogative au peuple de démonter ce que ses élites ont mis parfois des années à mettre sur pied (huit ans dans le cas du Gripen) ?
Le citoyen ordinaire apprécie-t-il cette compétence qui lui est accordée, ou bien se sent-il dépassé ? Et les questions soumises au vote à travers un référendum, comme celui du Gripen, sont-elle toujours pertinentes ?

Pays inégalitaire, constamment tenté de se replier sur un confort dont il ne veut pas toujours savoir sur quelles tentacules économiques et financières internationales il s’alimente, la Suisse dispose d’une démocratie à plusieurs étages et plusieurs modèles (parlementaire, référendaire, d’initiative constitutionnelle) qui se répliquent et se combinent dans les dizaines de cantons et les milliers de communes. Une mécanique d’horlogerie, une mécanique de précision, qui ne suffit pas à en faire une démocratie idéale, tant, dans ce pays, est criant le décalage entre la dignité du citoyen et la soumission de l’employé.

Néanmoins, sur le plan politique, le laboratoire helvétique est sans conteste celui au monde qui permet d’aller le plus loin dans l’expérimentation des processus démocratiques.
Pour la première fois, un film documentaire s’immerge dans une campagne politique en Suisse. Cette immersion n’a pas pour but de promouvoir ou de dénigrer une cause, mais d’observer au plus près la manière dont est vécue la politique, au niveau des militants, au niveau des états-majors de campagne, comme au niveau du citoyen de base.

Il en ressort du jamais-vu :
 
- que la politique suisse n’est pas du tout hors de portée des gens ordinaires, qu’elle soulève les passions, et que, même si l’objet de la votation, l’achat de 22 Gripen, n’est pas un sujet "noble", il a l’avantage d’être très concret et de mettre à l’épreuve le fonctionnement du système : alliances rompues, trahisons ou désaccords transversaux à plusieurs partis, divisions culturelles, linguistiques, géographiques ;
- que la politique telle qu’elle est pratiquée en Suisse à l’exemple du Gripen n’est pas austère, même si la plupart des citoyens filmés s’attellent à cet objet de votation rébarbatif avec beaucoup de sérieux, et qu’au contraire elle amène des situations souvent pleines d’humour ;
- que les gens éprouvent, même dans l’émotion, un incroyable respect pour leurs adversaires, un respect né de la pratique courante des votations (3 à 4 fois par année au niveau fédéral, sans compter les autres niveaux), qui voit souvent les alliés d’une votation passer dans le camp adverse à la votation suivante. Un respect des droits de chaque citoyen qui s’étend très souvent aux institutions de la démocratie, tout en ne s’interdisant pas de critiquer ceux qui en occupent les postes dirigeants.
Ainsi, nous voyons les pacifistes d’extrême-gauche s’allier et même se dissimuler efficacement derrière les Vert-Libéraux, récemment issus de partis conservateurs ; nous voyons dans le même temps, l’alliance inoxydable des partisans de l’armée s’effilocher en quelques semaines, moins vulnérable aux coups d’adversaires assez discrets qu’à ceux tirés par les alliés...

Bref, s’il fallait une campagne idéale pour un film sur les délicats mécanismes de la démocratie helvétique, je désignerais sans hésiter le Gripen !



Solothurner Filmtage – der Wert des Dokumentarfilms