Citadelle humanitaire

Un film de Frédéric Gonseth
avec la collaboration de Catherine Azad
Documentaire cinéma, 2008, 96 min.

Synopsis

Rude tâche que celle "d’humaniser" la guerre. Et rude choc que celui des Mig contre le vieux fusil des tribus féodales. Qu’espère ce Suisse brandissant dans le désert arabique le célèbre drapeau blanc à croix rouge...? L’envoi de dizaines de délégués et de médecins suisses, allemands, français, dans la guerre civile qui se déroule au cœur du Yémen moyenâgeux, durant les années 60, est l’action la plus spectaculaire et la plus efficace menée par le Comité International de la Croix-Rouge à l’époque où il est encore seul en scène et où on ne parle pas encore d’ONG. Racontée par ceux-là même qui ont mené cette action au péril de leur vie, à commencer par le chef de mission André Rochat, cette aventure nous conduit du désert aux coulisses du pouvoir humanitaire et aux sources du combat pour la dignité humaine, dans un décor de citadelles aussi vieilles que la Bible, restées partiellement intactes jusqu’à aujourd’hui.


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Liste technique et artistique


Documentaire, Suisse (2008)
96 minutes
Image vidéo 16:9, format tournage DVCPROHD
Son stéréo dolby
Format de diffusion : HDCAM, vidéo HD dans les salles de cinéma
Version originale française avec allemand, anglais et arabe
Version française avec sous-titres allemands
Version française avec sous-titres anglais
Version allemande avec sous-titres français

Réalisation, image et montage : Frédéric Gonseth

Collaboration à la réalisation, entretiens et son : Catherine Azad

Production : Frédéric Gonseth Productions

Recherche d’archives: David Bernet, Marc-Antoine Schüpfer

Archives films : André Rochat

Musique originale : Catherine Azad

Musique yéménite : Hissam Kassem

Musique ancienne : Anchor, ancor..., Le Concert Brisé, William Dongois, CD Chordis & Organo 2006
 
Voix : Guillaumette Sauvé, Hissam Kassem

Mixage : Fred Kohler, Studio La Cigale

Assistante de production : Joëlle Rubli

Etalonnage : Patrick Tresch

Technique :
Frédéric Gonseth Productions
Studio La Cigale - Fred Kohler, Lausanne
Titra Film, Genève

Bande-annonce :
SDS Sound Design Studios, Berne
Schwarz Film, Berne

Coproduction :
Télévision Suisse Romande, Irène Challand, Gaspard Lamunière
Télévision Suisse Italienne, Luisella Realini
SRG SSR idée suisse, Alberto Chollet

Soutiens financiers :
Office fédéral de la culture, Section du cinéma, Nicolas Bideau, Aide au développement et à la réalisation
Fonds REGIO Films avec ses partenaires Loterie Romande,
Fondation Vaudoise pour le Cinéma, Canton de Vaud
et Ville de Lausanne
Suissimage, Corinne Frei

Distribution :
Frenetic Films - Monica Weibel
Prochaine - Suzanne Hefti

Avec la participation de :
André Rochat
Carlos Bauverd
Dr Pascal Grellety-Bosviel
Dr Max Récamier
Jean-Paul Hermann
Betty Jayet
Franziska Stamm
Dr Jimmy Parramore
Yves Debraine


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Téléchargements

Dossier de presse de Citadelle humanitaire en PDF
Dossier pédagogique de Citadelle humanitaire en PDF


Extraits de presse

«...Quant à Citadelle humanitaire, il a été acclamé par standing ovation au dernier Festival de Soleure. “J’en ai été gêné et très ému. Un bonheur extravagant qui arrive à la fin de ma vie. Je suis aujourd’hui un homme apaisé.»
Interview d’André Rochat, Corinne Jaquiéry, 24 Heures, vendredi 20 mars 2009

«... La qualité des témoignages est aussi au centre d’oeuvres telle "Citadelle humanitaire" (Frédéric Gonseth), oeuvre de réflexion admirable sur le rôle du CICR d’hier et d’aujourd’hui. »
Pascal Baeriswyl, Le Courrier, lundi 26 janvier 2009

«Gonseth réussit à tisser des liens passionnants entre hier et aujourd’hui, avec le spectre intolérable de Guantanamo en prime... Une réussite !»
Vincent Adatte, L’Express-L’Impartial, vendredi 12 décembre 2008

«Le documentariste vaudois, qui vient de recevoir le Prix Suisseculture, retourne au format qu’il affectionne tant, le "film-mémoire".»
Stéphane Gobbo, La Liberté, vendredi 12 décembre 2008

«Un noula-matari comme André Rochat, on n’en verra plus jamais. Ni en Afrique, ni au CICR. (...) Habitué à dévoiler des pans méconnus de l’histoire récente de la Suisse, le cinéaste Frédéric Gonseth a déniché un sujet original.»
Antoine Duplan, L’Hebdo, jeudi 11 décembre 2008

«Citadelle humanitaire retrace tout un chapitre de l’histoire du CICR entre 1960 et 1970, reconstitué par de nombreuses images d’archives dans le film»
A. Mounier.-K, Le Temps, mercredi 10 décembre 2008

«Le récit de ce Jurassien vaudois ayant quitté dans les années 1960 l’hôtellerie de luxe pour devenir un atypique et audacieux délégué, révèle les querelles entre le siège genevois de l’institution et ses hommes de terrain.»
Marc Menichini, Le Courrier, samedi 13 décembre 2008


Note d’intention

par Frédéric Gonseth
La guerre du Yémen est oubliée depuis longtemps, il ne s’agit pas de la ressusciter. Par contre, l’action du Comité International de la Croix-Rouge qui s’est greffée sur cette guerre mérite d’être connue. Elle représente la première percée des valeurs humanitaires en terre d’Islam. Depuis lors, l’adoption ou non de ces valeurs par les pays d’obédience islamique n’a cessé d’être au coeur de l’actualité la plus brûlante. Ces premiers pas, ce sont André Rochat et son équipe de délégués et de médecins du CICR qui les ont accomplis dans les années soixante - avec un succès qui ne s’est pas toujours reproduit après eux.
Les missions du CICR s’entourent d’un épais brouillard - secret vital sur le moment, mais au regard de l’histoire, il y avait une opportunité unique à raconter l’aventure de la Croix-Rouge. Le Chef de mission témoigne sans rien esquiver. Il a gardé des documents que d’ordinaire les délégués se doivent de détruire. Et il a tourné des films. Avec les archives retrouvées par l’équipe du film, il y a de quoi permettre une reconstitution intégrale de tous les événements.
Un dernier pari consiste à confronter les Yéménites eux-mêmes aux images d’archives de la guerre civile et de l’action du CICR. En accompagnant André Rochat sur ses propres traces, jusque dans la grotte de Jihannah, le film ancre dans l’actualité la nécessité du combat irremplaçable du CICR en faveur des prisonniers de guerre dans le monde - puisque certains Yéménites sont emprisonnés à Guantanamo. Sans pour autant renoncer au regard du cinéaste indépendant sur les relations pas toujours harmonieuses entre le siège du CICR et les hommes de la Croix-Rouge sur le front.



Les témoins



André Rochat




André Rochat n’est plus un jeune homme quand il se lance, la quarantaine approchant, dans sa première mission au service du CICR. Parti de rien, sans avoir fait d’études, il s’est déjà hissé aux plus hauts postes de l’hôtellerie de luxe internationale. Et pourtant, l’invitation du CICR sonne comme un irrésistible appel à l’aventure : entre les salons et le sable, il choisit le désert, et ses prochains "hôtes" seront les victimes de la guerre civile qui ravage le Yémen depuis le renversement de la monarchie en 1962.
André Rochat s’adapte extrêmement bien aux us et coutumes ancestraux du désert, met ses talents d’organisateur au service de l’hôpital de tente du CICR, et se découvre une vocation de diplomate humanitaire qui fait mouche à plusieurs reprises dans les salons de tout le Moyen-Orient. Dans les décors fabuleux et archaïques des montagnes et du désert yéménites, le CICR et ses nombreux délégués instaurent le respect des blessés, des civils et des prisonniers tout au long de cette guerre cruelle. Cependant, à mesure qu’André Rochat prend des initiatives de plus en plus audacieuses, les relations entre le siège et la délégation qu’il dirige d’une main de fer se tendent graduellement - et se déchirent en 1970 à Athènes, quand André Rochat réussit à lui tout seul à faire libérer les otages capturés par un commando palestinien à bord d’un avion grec.

André Rochat a conservé non seulement toutes ses archives, mais a réalisé d’innombrables images fixes ou animées, qui enrichissent le captivant récit de ses aventures en péninsule arabique.


Dr Max Récamier

Dr Pascal Grellety-Bosviel




Max Récamier, jeune chirurgien formé en France, et son collègue et complice Pascal Grellety-Bosviel, interniste formé en France et aux USA, découvrent la médecine de guerre dans l’hôpital d’Ukd où la Croix-Rouge française les ont envoyés en appui au CICR en 1964. Tous deux brûlent de se rapprocher du front et de partir en toute petite équipe soigner les combattants dans les montagnes royalistes. Echappant à tout contrôle, au bout de trois mois dans l’entourage de l’Imam, ils en sont réduits, pour sauver leur peau, à passer les lignes de front avec, pour seule protection, le drapeau blanc à croix rouge...
Quatre ans plus tard, ils reviennent en mission au sein de l’équipe médicale du CICR qui s’installe dans une grotte pour échapper aux bombardements de l’aviation républicaine... Revenus du Yémen convaincus de l’importance de la médecine humanitaire, ils acceptent l’année suivante une mission du CICR au Biafra qui les amène à fonder, avec une dizaine d’autres médecins français, une ONG spécialisée dans le secours médical, elle deviendra célèbre : Médecins Sans Frontières.

Pascal Grellety-Bosviel a réalisé de très fortes photographies et de magnifiques aquarelles tout au long de ses missions.


Carlos Bauverd




Avec un décalage de vingt ans, Carlos Bauverd suit les traces d’André Rochat dans le désert. Il peut y mesurer l’empreinte durable que son action a laissée en terre d’Islam. Lui-même délégué, chef de délégation au Yémen et au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique, il a surtout, en fin de carrière, le privilège de découvrir de l’intérieur la direction du CICR à Genève, puisqu’il y est nommé responsable de la communication. Avant, lui aussi, de devoir rompre avec fracas.
Carlos Bauverd possède toutes les clés du récit de la mission du CICR au Moyen-Orient et les livre une à une avec une lucidité et une distance teintées d’ironie. Grâce à lui tout particulièrement, le film s’élève au-dessus des trajectoires individuelles et dévoile les mécanismes largement méconnus de la stratégie humanitaire.


Jean-Paul Hermann




Infirmier entré durant les dernières années au service de la mission CICR au Yémen, Jean-Paul Hermann est devenu le remplaçant d’André Rochat dans la base arrière du CICR en Arabie saoudite et au siège de Sanaa où il a oeuvré à la mise en place d’un Centre de réhabilitation des handicapés qui est devenu aujourd’hui un grand hôpital.
Jean-Paul Hermann offre sur André Rochat un regard au quotidien, marqué par l’admiration qu’il lui portait, avec une certaine dose d’humour.


Betty Jayet




Jeune Libanaise employée de la délégation du CICR à Amman durant les événements du détournement aérien de Zarka (septembre 1970). Elle épouse un membre de cette même délégation, René Jayet.


Franziska Stamm




Jeune infirmière bernoise envoyée par la Croix-Rouge Suisse à l’hôpital d’Ukd, revenue ensuite au Yémen dans le cadre de plusieurs missions, ainsi qu’au Biafra.


Dr Jimmy Parramore




Médecin anesthésiste américain installé en Suisse, après avoir participé à la guerre de Corée comme pilote, livre sur l’équipe médicale du CICR réfugiée dans la grotte de Jihannah en 1968, un regard marqué par son talent à communiquer avec les populations civiles, victimes des bombardements intensifs de l’aviation républicain. A cette époque, même du côté royaliste, les femmes n’étaient pas terrorisées par l’intégrisme religieux qui a pris presque entièrement possession en territoire républicain aujourd’hui.


Yves Debraine




Photographe de presse, le franco-suisse Yves Debraine a déjà connu la guerre vingt ans auparavant, mais celle-ci ne ressemble à aucune autre. Il réussit à convaincre André Rochat de le laisser l’accompagner dans les montagnes yéménites à la recherche de l’Imam qui commande les troupes royalistes. Son talent de photographe permettra d’illustrer chacune des étapes de cette marche vers la Graal des humanitaires : la réception du chef de mission par le roi terré au fond d’une grotte, qui donne son accord à la protection des prisonniers par les conventions de Genève...